Glossaire
1. Carré sémiotique
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2. Carré sémiotique
Fondé par les sémioticiens de l'école greimassienne, il permet de faire ressurgir les valeurs profondes de la communication en développant un univers sémantique. En effet, le carré sémiotique permet de se dégager d¿une opposition purement binaire en déployant un univers de sens polarisé entre des relations de contradiction, d¿implication et de contrariété. En cela, le carré sémiotique favorise l¿enrichissement interprétatif. Il se présente sous la forme (dans le sens des aiguilles d'une montre) : A - B - non A - non B Pour une représentation plus "visuelle", consultez les articles ou effectuez une recherche par mots-clefs.
3. Charaudeau / Stratégies du discours
Selon Charaudeau, il existe trois stratégies principales mises en place par le discours : * La captation vise à séduire ou persuader son interlocuteur ¿afin que celui entre dans l¿univers de pensée qui sous-tend l¿acte de communication¿. Cette stratégie vise à mettre en scène l¿information qui participe à un spectacle ¿et qui comme tout spectacle doit toucher son spectateur¿. On retrouve dans cette catégorie tous les effets discursifs de connivence (jeux de mots, appellatifs, etc.) * La crédibilité est le jugement, ¿consiste à mesurer l¿aptitude du sujet parlant à dire le vrai à travers son acte d¿énonciation¿. On parle davantage d¿un processus de construction de crédibilité. Le locuteur va mettre en oeuvre différents effets discursifs afin d¿être pris au sérieux par les destinataires. * La légitimation a pour but de déterminer ¿la position d¿autorité qui permet au sujet de prendre parole¿. Soit une autorité institutionnelle, soit une autorité personnelle (activité de séduction et de persuasion). Pour plus d'informations, consultez l'article "La 25ème heure".
4. Gestualité
Selon Sébastien Bohler, il existe trois type de gestualité : * La gestuelle ponctuatrice rythme et scande le discours, * La gestuelle adaptatrice, elle, n¿a pas de lien direct avec le contenu (ex : se passer la main dans les cheveux ou jouer avec son stylo), * La gestuelle métaphorique, enfin, établit une analogie entre les gestes et le discours (ex : écarter les bras pour parler d¿une réforme de grande ampleur). Pour plus d'informations, consultez l'article "La 25ème heure".
5. Maingueneau / Scène d énonciation
Selon Maingueneau, la scène d'énonciation (le terme "situation de communication" revêt une approche davantage sociologique, mais souvent pris comme équivalent), se découpe en trois scènes distinctes : * la scène englobante : renvoie au type de discours, au "terrain" sur lequel il faut se placer, et à quel titre, pour l'interpréter. * la scène générique : renvoie au genre de discours, c'est là où se définissent plus précisément les instances du discours et leur inscription dans le temps et l'espace. * la scénographie : renvoie à la mise en scène spécifique de la scène d'énonciation, exemple le discours paternaliste de tel politique ou le discours empathique de telle publicité.
6. Marina Cavassilas / Sémiosis
Avec les apports de Jackobson qui montrent que les deux principaux modes de pensée sont la métonymie et la métaphore, on aurait donc une typologie quadripartite : 1. Une sémiosis identifiante (basée sur les principes de l¿icone peircienne) 2. Une sémiosis métonymique (basée sur les principes de l¿indice peircien) 3. Une sémiosis symbolique (basée sur les principes du symbole peircien) 4. Une sémiosis métaphorique (association d¿idées par comparaison) C¿est notamment ce que propose Marina Cavassilas dans son ouvrage. On pourrait même imaginer un dernier type de sémiosis : une sémiosis stéréotypique (qui se rapprocherait du symbole dans sa relation figée et socio-culturelle avec le signifié et le signifiant mais qui serait différent en cela qu¿il y a une exagération davantage forcée et dont le récepteur a conscience).
7. Modalités du discours
Bally différencie le "modus" et le "dictum". Dans la phrase "Paul a, malheureusement, échoué", l'adverbe renvoie au modus puisqu'il articule la pensée subjective du locuteur. Dans la phrase liée, on retrouve des constructions du type : "modus + que + dictum". Mais il arrive souvent que le modus soit silencieux. Ainsi, la phrase "il a raison", peut-elle se comprendre comme "je sais qu'il a raison" ou "je pense qu'il a raison". Car il ne faut jamais oublier que la pensée subjective du locuteur est toujours présente même si celui-ci tente de l'atténuer (dans les discours politiques notamment). Il existe plusieurs types de modalités : * la modalité aléthique : je peux * la modalité épistémique : je sais * la modalité volitive : je veux * la modalité déontique : je dois Pour A.J.Greimas, ces prédicats modaux se réduisent à deux fonctions essentielles : faire et être qui donnent naissance à deux formes possible d'énoncés élémentaires : les énonces de faire et les énoncés d'état. Les deux modalités ressortissent au verbe devoir : devoir faire et devoir être, etc.
8. Paradigme
L'axe paradigmatique est dit "in absentia" : un élément énoncé renvoie à d'autres éléments non présents (mais parfois suggérés, comme dans la publicité par exemple). Le paradigme est l'axe de tous les possibles. Dans la phrase "Pierre joue au ballon", Pierre renvoie à un sujet formalisable sous bien d'autres formes, par exemple : "garçon", "sportif", "enfant", etc. Dans une image, le paradigme renvoie généralement à tous les éléments implicites non présents mais suggérés ou, dans un sens plus large, à toutes les oppositions incorporés culturellement. En effet, si je vous dit "femme", il y a de forte chance pour que dans votre paradigme soit mobilisé, consciemment ou non, le terme "homme".
9. Paralinguistique
Le langage peut-être verbal ou non verbal. La célèbre phrase de Watzlawick, le fondateur de l'école de Palo Alto, "on ne peut pas ne pas communiquer", montre l'importance de ce que l'on appelle le paralinguistique. En effet, la gestualité, consciemment (ou non) émise (ou perçue) oriente inexorablement l'interprétation.
10. Phraséologie / Discour répété / Figement
Combinaison de mots plus ou moins figés. Peut être spécifique d'un individu ou d'un type de discours. Les médias utilisent beaucoup ces phrases mémorisées en bloc (exemples donnés par Maingueneau : "une atteinte portée aux droits de l'homme", "porter un coup très dur au processus de paix", etc.) Le processus de défigement existe.
11. Sémiologie / Sémiotique
Consultez l'onglet "Quid?" en haut du blog.
12. Sémiose / Sémiosis / Fonction sémiotique
Peirce la définit comme étant : "l¿opération qui produit des signes, en instaurant une relation de présupposition réciproque entre signifié et signifiant , soit le rapport entre contenu et forme". Selon nous, la sémiosis est de nature rhétorique, c'est-à-dire que le lien doublement arbitraire et conventionnel qui unit le signifiant au signifié se manifeste au travers d'une figure de style.
13. Sexuation
Pour parler des différences en terme de représentations entre les hommes et les femmes, nous préférons parler de "sexuation" plutôt que "sexualité" qui renvoie davantage à une activité biologique. En utillisant le terme "sexuation", on reste dans le domaine de la construction culturelle.
14. Structuralisme et principes
La sémiologie, comme la sémiotique, sont des disciplines qui s'inscrivent dans le courant structuraliste des sciences humaines et sociales. Cela se manifeste notamment par le principe d'immanence et la priorité accordée aux relations entre les objets et non à l'objet lui-même. Pour plus d'informations, consultez l'onglet "Quid?" en haut du blog.
15. Syntagme
L'axe syntagmatique est dit "in praesentia" : les éléments se succèdent les uns aux autres. Le syntagme est donc la mise en contextualisation des éléments, et, plus généralement, il s'inscrit dans le temps de l'énonciation. Dans la phrase "Pierre joue au ballon", ballon succède à la préposition qui elle-même succède au verbe, etc. Dans une image, le syntagme se définit par une spatialisation des éléments et peut dépendre du parcours des yeux.
